Transition au Mali : Le M5-RFP contre « l’installation d’un régime militaire »

Les responsables du M5-RFP (Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques) étaient face à la presse, le vendredi 13 novembre 2020, au siège de la CSTM (confédération syndicale des travailleurs du Mali) pour non seulement rejeter la clé de répartition du Conseil national de Transition (CNT) fixée par deux décrets pris par les autorités de la transition, mais aussi dénoncer ce qu’ils qualifient d’installation de régime militaire au Mali. « Nous avons aujourd’hui un gouvernement de militaires. Les civils qui sont là sont nommés par des militaires et aujourd’hui, on veut une assemblée dont les membres seront nommés par les militaires et présidée par les militaires. Le M5-RFP ne peut pas se rendre complice de l’installation d’un régime militaire qui ne rende service ni au Mali, ni à la démocratie, ni à notre armée », a souligné Dr. Choguel Kokalla Maïga, président du comité stratégique du M5-RFP.

Outre le président du comité stratégique du M5-RFP, Dr. Choguel Kokalla Maïga, d’autres responsables ont pris part à ce point de presse, notamment Me Mountaga Tall, Mme Sy Kadiatou Sow, l’Imam Oumarou Diarra, Hamadoun Amion Guindo de la CSTM. Dans ses mots de bienvenue, Dr. Choguel Kokalla Maïga a fait savoir que l’objectif de ce point de presse est de préciser la position du M5-RFP par rapport aux deux décrets pris par le président de la transition, le 9 novembre 2020, portant sur le Conseil national de transition et la clé de répartition du CNT. Ainsi, dans une déclaration lue par Abdel Kader Maïga, le M5-RFP décide de ne pas participer au Conseil National de Transition (CNT) dans le format proposé par les autorités de la transition. Dr. Choguel K. Maïga a rappelé que le M5-RFP ne laissera personne empêcher l’émergence d’un Mali nouveau. « Le M5-RFP n’acceptera jamais le retour de l’ancien régime que nous avons combattu. Le M5-RFP veut une transition de rupture pour refonder l’Etat malien avec des objectifs clairs et précis parmi lesquels, l’ancrage durable de la paix et de la sécurité, l’unité nationale et la souveraineté du Mali. Il est important que la lutte contre la corruption soit concrète. Le M5-RFP exige des reformes politiques et institutionnelles pour aboutir à des élections crédibles et transparentes. Le M5-RFP exige que justice soit rendue pour les martyrs des 10, 11 et 12 juillet 2020. Il ne sera pas question pour nous de faire la transition sans clarifier qui a donné l’ordre de tirer et de tuer les Maliens qui manifestaient pacifiquement », a-t-il martelé. Par ailleurs, il dira que le M5-RFP soutient toutes les mesures favorables aux changements. «Nous ne sommes pas dans une opposition systématique à la transition. Le M5-RFP fera des pressions fortes pour amener les autorités de la transition à aller vers des mesures qui encouragent le changement…Nous avons aujourd’hui un gouvernement de militaires. Les civils qui sont là sont nommés par des militaires et aujourd’hui, on veut une assemblée dont les membres seront nommés par les militaires et présidée par les militaires. Le M5-RFP ne peut pas se rendre complice de l’installation d’un régime militaire qui ne rende service ni au Mali, ni à la démocratie, ni à notre armée », a déclaré Dr. Choguel K. Maïga. Cependant, il précisera que le M5-RFP n’est nullement opposé à l’armée. Enfin, il a lancé un appel à tout le monde a se donner la main pour faire face aux dangers qui guettent le Mali. Quant à Mme Sy Kadiatou Sow, membre du M5-RFP, elle a souhaité une bonne transition au Mali. Elle a fait savoir que des acteurs majeurs au Mali ont été mis à l’écart dans le cadre de la conduite de la transition. Selon elle, la lutte du M5-RFP est d’avoir la bonne gouvernance au Mali. Aux dires de Hamadoun Amion Guindo, secrétaire général de la CSTM, il faut un changement profond au Mali. « Nous avons foi en cette lutte et nous sommes certains que ce changement interviendra. Nous lançons un appel à toutes les organisations, qu’elles soient politiques ou sociales, à se donner la main pour sortir le Mali dans la situation dans laquelle il est. Nous avons le devoir et l’obligation de sauver ce pays », a-t-il conclu.

Aguibou Sogodogo / Le Républicain

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