Soufi Bilal Diallo à propos de la crise : « Mon camp, c’est le Mali »  

Après un long moment de silence sur la situation en cours au Mali, le  guide de la communauté Soufi du Mali, El Hadj Cheick Soufi Bilal Diallo, s’est enfin exprimé sur sa page Facebook, samedi dernier.             

« Ma tête basse, mes bras croisés, je m’incline devant la mémoire des vaillants fils du pays tombés les mains vides, froidement abattus, gémissant dans le sang. L’image atroce me reste encore inoubliable », a introduit le guide de la communauté Soufi. Il a ensuite poursuivi en exprimant une pensée pieuse envers tous ces soldats qui sont tombés sur le champ de l’honneur, laissant derrière eux des veuves, des orphelins. « J’allais dire toute une famille, mais aussi des compagnons », a-t-il ajouté.  D’après lui, même si le borgne n’a qu’un œil, il pleure quand même. Il a fait savoir qu’il est déboussolé de tous ces côtés pour l’avenir des enfants (postérité) sur plusieurs plans, notamment l’éducation. « Quand je pense à nos plateaux techniques sanitaires, je suis anéanti. Quand je pense à l’occupation de ma patrie sous l’œil vigilant de toutes ces organisations internationales (ONU, UEMEOA, d’esprit afin de CEDEAO, UE, UA pour ne citer que celles-là), je suis asphyxié », a-t-il expliqué.  A ses dires, certaines personnes ne cessent de lui demander de dévoiler son camp (pro ou anti régime d’IBK).  Selon lui, en voulant répondre à cette question, il lui est venu à l’esprit de leur dire tout bonnement qu’il est du côté du gouvernement, avant de constater son inexistence depuis plusieurs jours. « Dans la même vivacité d’esprit, afin de satisfaire mes interlocuteurs, j’ai pensé déclarer mon appartenance à la société civile, mais elle aussi est divisée », a-t-il exprimé. Avant de dire que sans se décourager, il a pensé à sa corporation religieuse, là-bas aussi, la division a atteint un niveau inacceptable. Alors, le seul recours possible, selon lui, était de se déclarer aux côtés des hommes de castre pour des conseils. A sa grande surprise, dit-il, eux aussi n’ont pas été épargnés par le fléau.    

« En définitive, une Nation dont l’existence est menacée à 90%, son intégrité territoriale violée et toutes ses classes  (sociale, politique et professionnelle) divisées. Au même moment, ils veulent et insistent de savoir clairement mon camp ou ma position (pour ou contre IBK). Evidemment, mon camp, c’est le Mali, le Mali unifié, le Mali avec l’honneur de l’école (éducation) relevée, le Mali dont la cohésion sociale est une réalité, le Mali dans le respect de la dignité humaine et des lois conventionnellement établies par nous –même », a-t-il laissé entendre.

 El Hadj Cheick Soufi Bilal Diallo a terminé ses propos en condamnant la regrettable répression jusque dans les lieux de culte.

Fily Sissoko / Le Tjikan

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