Reconstruction des mausolées de Tombouctou : Un euro symbolique remis au Mali et à l’Unesco

Un euro symbolique a été remis, mardi 30 mars dernier, au Cicb,  à l’Etat malien et à la communauté internationale, représentée par l’Unesco. Cette remise survient en réparation de la destruction, en 2012, par des djihadistes, d’une partie des mausolées de Tombouctou, dans le Nord du pays.

Ce dédommagement avait été accordé à l’issue du procès historique d’un djihadiste malien par la Cour pénale internationale (CPI), laquelle avait pour la première fois considéré la destruction de biens culturels comme un crime de guerre.

«Cette remise de l’euro symbolique est le couronnement d’une décision de justice qui sanctionne la destruction de biens culturels comme crimes de guerre », a souligné le président de la transition, Bah N’Daw

«Il faut que cette décision devienne un exemple», a-t-il plaidé.

En effet, en  septembre 2016, la CPIa condamné le djihadiste malien Ahmad al FaqiAl Mahdi à neuf ans de prison pour avoir « dirigé intentionnellement des attaques » contre neuf des mausolées de Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1988.

«Cet euro est un symbole incommensurable du tort que nous avons tous subi et de notre volonté de dire ‘’Plus jamais’’ ! », a martelé Mama Koité Doumbia, présidente du Fonds au profit des victimes, organe indépendant mis en place par le statut de Rome, traité fondateur de la CPI.

«Le patrimoine de Tombouctou a été pris pour cible par les djihadistes car il racontait une histoire riche de sens pour le peuple malien. Les mausolées sont désormais debout et les manuscrits sauvegardés en lieux sûrs», a souligné  le directeur général adjoint de l’Unesco, XingQu.

HarberKounta, le représentant des victimes de Tombouctou, a remercié la CPI pour ce geste combien symbolique pour l’humanité entière. Mais il souligne que «le paysage architectural qui faisait la fierté de Tombouctou demeure en souffrance», en citant les problèmes d’urbanisme, le manque de moyens et la pollution.

FatouBensouda, la procureure de la Cour pénale internationale, a réaffirmé l’engagement de la justice internationale à défendre ce qui fonde notre identité commune.

«Le patrimoine culturel malien est le miroir de l’humanité», a-t-elle dit,

«L’impunité n’est pas une option et les victimes doivent être réparées et leur dignité restaurée» a poursuivi la procureure.

Détruits à coups de pioche, de burin et de houe, les mausolées  ont été reconstruits à l’identique entre mars 2014 et juillet 2015 dans le cadre d’un programme mis en œuvre par l’Unesco et financé par plusieurs pays et institutions, avec l’aide d’un groupe de maçons locaux.

La CPI a estimé qu’il avait provoqué pour 2,7 millions d’euros de dégâts et a ordonné des réparations pour les victimes, les premières pour destruction de biens culturels. En termes de réparations symboliques, elle a ordonné le versement d’un euro à l’Etat malien et à la communauté internationale, représentée par l’Unesco.

Source/Le Tjikan par Solo Minta

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