Après deux mois en hausse, ce lundi 5 avril, la miche du pain est revendue à son prix initial de 250fcfa, sur toute l’étendue du territoire national. Elle avait connu une augmentation de 50Fcfa à 100fcfa par secteur. Après des discussions, le prix revient à la normal à la veille du mois de ramadan pour le bonheur des consommateurs.

Incontournable dans l’alimentation des citoyens maliens, à une semaine du mois de ramadan, le pain est revenu à son prix normal, après deux mois de négociations entre le gouvernement, à travers la Direction générale du commerce, de la concurrence et de la consommation, et les acteurs de la filière pain au Mali.

«Ce matin, j’ai vendu la baquette à 250Fcfa. Les boulangeries donnent aux livreurs à 200Fcfa. Eux aussi nous livrent à 225FCFA. Nous aussi fournissons les clients à 250Fcfa comme avant. Nous avons 25 Fcfa de bénéfice tout comme les livreurs. Cette situation ne nous arrange pas comme avant, mais nous avons accepté. Avant nous gagnions 30Fcfa à 45Fcfa sur une miche de pain et les livreurs gagnaient 15Fcfa à 20Fcfa», a confirmé Abdou Traoré, boutiquier à Garantiguibougou, en commune IV de Bamako.

Cédée aux livreurs à 200 fcfa et aux revendeurs à 225 fcfa, la baguette de 300 g est vendue désormais aux consommateurs à 250 Fcfa. Le  pain est considéré comme une denrée de grande consommation. C’est pourquoi le gouvernement malien n’a ménagé aucun effort pour que le prix revienne à la normale.

«Après deux mois de discussions avec les autorités sur la question du prix du pain, nous avons fait beaucoup de propositions et de contre-propositions. À l’issue des différentes rencontres, nous nous sommes compris avec le gouvernement pour un certain nombre d’arrangements pour que le consommateur malien puisse être à l’aise», a expliqué Mohamed Lamine Haïdara, président du cadre de concertation de la filière pain.

Selon lui, il a été convenu que le prix indicatif plafond du sac de 50kg de farine de blé aux boulangers soit fixé à 20 000Fcfa. Les prix planchers du pain aux revendeurs  fixés comme suit: petit pain 150g cédé à 100Fcfa, gros pain 300g vendu à 200Fcfa. Le prix pour les consommateurs, 125Ffca pour le petit pain et 250Fcfa pour le gros pain.

«Nous avons, pendant des mois, discuté pour essayer de soulager les populations maliennes par rapport à la hausse du prix intervenue suite à la hausse du prix du blé sur le marché mondial. Nous savons que vous êtes des opérateurs privés, si vous faites cela, c’est pour gagner votre vie et par conséquent, développer vos entreprises. C’est pour cela que nous avons passé avec vous toutes ces périodes de dialogue. Et le dialogue a permis d’aboutir à un prix consensuel, qui est de ramener le prix du pain de 300grammes à 250 Fcfa, prix de détail», a ajouté  Harouna Niang, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion de l’Investissement.

Il a remercié les acteurs de la filière pain pour leur esprit patriotique, de solidarité et de compréhension. Il dira aussi que dans leurs échanges, la qualité du pain a été aussi prise en compte. Il leur a promis l’accompagnement du gouvernement afin que le secteur pain soit au standard international en terme de qualité, de bonne gestion pour que le consommateur ait une diversité de pain.

«Nous avons dans nos discussions parlé de beaucoup de choses. Comment faire pour diversifier le pain actuel en y ajoutant comme on l’avait fait le ‘’Malibourou’’, avec de la farine de maïs. Nous avons pensé valoriser aussi nos propres produits. Comment moderniser la production du ‘’takoula’’, pain traditionnelle. Nous allons voir dans quelle mesure on peut moderniser la production du ‘’n’gnomi’’ (galette à la base du riz), du ‘’accra’’ (galette à la base du haricot). Dans ce cadre, nous avons l’intention d’organiser un salon du petit déjeuner malien. On mettra en concurrence les boulangers, les restaurateurs. Il faudrait que nous valorisions nos produits locaux. Nous avons des produits riches sur le plan nutritionnel», a-t-il laissé entendre.

Source/Le Tjikan par Moussa Sékou Diaby

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