Mali: l’opposition réclame aussi la démission du Premier ministre et annonce son agenda

Au Mali, pouvoir et opposition haussent le ton. L’imam Mahmoud Dicko a demandé la démission du Premier ministre malien Boubou Cissé qui, soutenu par les partisans d’IBK, n’entend pas rendre le tablier. L’opposition affirme douter de la volonté du pouvoir de dialoguer au moment où Bamako vient d’acquérir une importante quantité de matériels « anti-émeutes » pour faire face à d’éventuelles manifestations, liées à la nouvelle désobéissance civile annoncée.

avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

L’information a été donnée par l’imam Mahmoud Dicko lui-même au cours d’une conférence de presse. Lors de sa rencontre la veille avec le Premier ministre Boubou Cissé, la figure de l’opposition lui a demandé de démissionner afin de permettre la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le chef du gouvernement « a évidemment dit non », a indiqué l’un de ses proches à RFI.

Fin de la trêve 72h après la fin de la Tabaski

Et comme si les rôles étaient partagés, le Dr Choguel Maïga a annoncé l’agenda de l’opposition. Outre la demande de la démission du président IBK et celle de son Premier ministre, le Mouvement du 5 juin annonce pour bientôt la trêve de l’opération « Désobéissance civile »: la fin de la trêve est prévue 72h après la fin de la Tabaski. « Le M5-FRP a également décidé de la fin de la trêve de 72 heures après la célébration de la fête de la Tabaski. Nous appelons la jeunesse malienne à se mobiliser massivement », explique à RFI Nouhoun Sarr, président du Front Africain pour le développement (FAD), et membre du M5. Cette désobéissance sera pacifique, insiste t-il.

Tout en annonçant de nouvelles mobilisations, l’opposition malienne affirme douter de la volonté du pouvoir malien de dialoguer. Un exemple ? Selon les opposants, l’Etat malien a acquis récemment auprès de pays voisins, notamment de l’Algérie et la Guinée, du matériel anti émeutes pour faire face aux problèmes de maintien d’ordre lors des manifestation de rue.

« Cette attitude du régime en place dénote qu’il ne souhaite pas du tout dialoguer. Comment dialoguer avec un interlocuteur lourdement armé ? Le régime est en train de préparer une répression sanglante des manifestations », assure Me Demba Traoré, dont le parti l’URD est membre du M5.

« Ce qu’il se joue ici, au Mali, c’est le destin de l’Afrique », a déclaré le cinéaste Cheikh Oumar Sissoko, également membre de l’opposition, lors de cette même conférence de presse.

Les trente députés contestés n’entendent pas démissionner

Une autre réunion importante s’est tenue ce mercredi 29 juillet, celle des 30 députés dont la Cédéao a demandé la démission. Les 30 députés maliens dont l’élection est contestée ont tenu une conférence de presse au mémorial Modibo Keita. Et ils n’entendent pas démissionner, ont-ils fait savoir. En présence de leurs avocats, ils ont expliqué qu’ils ont été élus pour cinq ans et que les lois maliennes ne prévoient pas ce genre de démissions. Parmi ces députés figurent une dizaine d’élus du parti au pouvoir, dont le président de l’Assemblée nationale.

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