Insécurité au centre : La justice des djihadistes

A team of MINUSMA, composed of investigators from its Division of Human Rights and Protection, as well as the United Nations Police and its Technical and Scientific Police Unit, in the village of Sobane Da, in the Mopti region in central Mali. The mission of this team is to conduct an investigation to establish the facts of the attack on the village of Sobane Da on June 9, 2019, which killed dozens of civilians, including women and children.

Dans le centre du Mali, aujourd’hui devenu le centre de commandement de certains groupes terroristes, la population commence à avoir plus confiance aux groupes terroristes pour les problèmes juridiques plus qu’aux autorités maliennes.

Dans le cercle de Niono, région de Ségou, selon des habitants, les djihadistes sont plus compétents pour régler les litiges et les maux de la société que les autorités de la place. “Eux aux moins, ils ne nous prennent pas de l’argent et ils tranchent équitablement entre tout le monde”, affirme un habitant de Niono qui préfère taire son identité. Selon cette même source, quand les populations amènent leurs problèmes à la justice ou à la police, c’est toujours celle ou celui qui ne glisse pas de pot de vin qui a toujours tort. “Dans notre cercle, dans les tribunaux, ce n’est pas la justice à qui de droit, mais la justice aux plus offrants”, ajoute-il avec tristesse.

Selon une autre source, certains villages ont été désertés par non seulement les autorités, mais aussi par les militaires qui sont censés les protéger contre toutes menaces et les potentiels attaques. “Depuis un bon moment maintenant, nous sommes abandonnés à notre propre sort et aux mains des terroristes. En cas de problème, c’est auprès de ces hommes armés que nous nous rendons et c’est eux qui mettent tout le monde à leur place dans notre village”, affirme-il. Il explique qu’il n’y a aucun problème entre eux et les groupes armés, qui sont comme, pour les villageois des hommes justes et qui ne plaisantent pas avec la justice et l’équité. “Ils patrouillent très fréquemment dans quelques villages, ils ne font pas de mal à personne dans les villages environnants et sont toujours prêts à se mettre aux services de la population”, témoignage notre source.

Le juge doit être un arbitre entre les citoyens, prendre des décisions ou des sanctions, non pas en faveur de celui qui paye le plus d’argent, mais de celui qui a raison et qui est venu demander justice.

 

Hamady Sow / Mali Tribune

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