Dialogue avec le JNIM : Ahmada Ag Bibi prêt à servir de pont

Après neuf ans de guerre sans issue, le gouvernement malien ne fait plus mystère de son intention de nouer un dialogue avec les groupes terroristes pour trouver la paix. Ancien collaborateur de Iyad Ag Ghali, chef du JNIM, Ahmada Ag Bibi se dit prêt à offrir ses services à l’Etat malien comme facilitateur.

Ex bras droit du leader terroriste, Iyad Ag Ghali, et membre du groupe Ançar Eddine jusqu’au début de l’opération serval en 2013, Ahmada Ag Bibi sort du bois. Pour une des rares fois, l’ancien parlementaire s’est exprimé au micro de nos confrères de Radio France Internationale (RFI). Négociateur en chef de la libération des ex otages, feu Soumaïla Cissé et de Sophie Petronin, Ahmada est revenu sur certains détails de cette opération.

Selon lui, le gouvernement malien a payé deux millions d’euros, soit près d’un milliard quatre cent millions de francs CFA. En plus de l’argent liquide, l’invité de RFI révèle que 190 prisonniers terroristes ont été libérés des prisons maliennes. Et clame avoir mené la négociation uniquement au compte de l’Etat malien. Visiblement assagi, Ahmada Ag Bibi pense comme une partie de l’opinion publique que le gouvernement malien doit négocier la paix. Et il se prêt à aider le Mali.

Cependant, si ce dernier ne fait plus mystère de son penchant pour cette option, maintes fois défendue par les Maliens à travers la Conférence d’entente nationale en 2017 puis le Dialogue national inclusif en 2020, la position de Paris constitue un obstacle.

Mobilisée au Sahel depuis 2013, la France alliée des  Etats du G 5 Sahel se dit hostile à toute option de dialogue avec les groupes terroristes. Une entreprise qui confirmera sans doute son échec face à la coalition terroriste.

La drogue, le nerf de la guerre

De leur côté, les groupes terroristes présents au Mali ont plusieurs fois affirmé leur disponibilité à négocier. Mais à condition que les troupes françaises et onusiennes se retirent. Une situation qui laissera le champ libre à la contrebande et aux trafics de tout genre qui alimentent le fonds de guerre des terroristes.

Avant l’éclatement du conflit libyen, les pays du Sahel, notamment le Mali et le Burkina Faso, ont réussi à éviter la confrontation en fermant les yeux sur le trafic de drogue, des armes et les prises d’otage de citoyens occidentaux. De quoi froisser les voisins de la Mauritanie et d’Algérie qui, d’ailleurs après de longues années de combat sanglant, ont fini par sceller un pacte de non-agression avec les groupes djihadistes. Une voie que le Mali et le Burkina ambitionnent d’emprunter. Si les deux pays ne manquent pas d’interlocuteurs compétents à l’instar de Ahmad Ag Bibi, les réalités géopolitiques du côté de Paris ne plaident pas en leur faveur.

Source/Le Tjikan par Lassina NIANGALY

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