BAH N’DAW PREVIENT LES SOCIETES MINIERES : «L’or du Mali brillera pour le Mali…»

Pour le président de la transition, Bah N’Daw, la transition ne pourra pas tout faire, mais elle a des domaines de priorité où elle est attendue. Selon lui, il est hors de question que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali.  

La production industrielle d’or au Mali a battu un nouveau record en 2019 en atteignant 65,1 tonnes, soit une progression de 7% par rapport à 2018. Troisième producteur d’or en Afrique, le Mali a adopté un plan de développement du secteur minier et pétrolier 2019-2023, pour mieux en tirer profit.

Le Mali a produit 50,5 t d’or en 2015, puis 50,9t en 2016, et 60,8 tonnes du précieux minerai en 2018, affichant une progression de 20% par rapport à l’année 2017. En 2019, le pays a récolté 65,1 tonnes d’or dans la production industrielle. Des volumes auxquels il faudra ajouter les 6 tonnes d’or de la production artisanale, estimée par la chambre de commerce. 

Avec une production annuelle totale de 71 tonnes d’or, le Mali reste le troisième producteur africain derrière l’Afrique du Sud et le Ghana et devant le Soudan qui lui avait ravi sa place.

Malgré ces productions, notre pays peine à joindre les deux bouts. Les sociétés minières à travers des accords signés avec les précédentes autorités bénéficient d’environ 80% des revenus contre 20% pour le peuple malien. 

Pour le président de la transition, Bah N’Daw, pas question que cette injustice continue. Il l’a fait savoir lors de la remise officielle du rapport annuel 2019 du Bureau du Vérificateur Général, le vendredi 30 octobre 2020, à Koulouba, en présence du vice-président de la transition, colonel Assimi Goita, et du Premier ministre, Moctar Ouane.

Au cours de cette cérémonie, le président de la transition a promis que certains domaines de priorité seront au cœur de ses actions. «La Transition ne pourra pas tout faire hélas. Elle a des domaines de priorité où elle est attendue. Mais vos recommandations concernant le secteur minier sont d’une pertinence qui m’interpelle. Je puis vous assurer que tout sera fait pour que l’Etat assume ses responsabilités et reçoive de ce secteur vital ce qui lui est dû.  

Certes, le contrat qui lie notre pays à ses partenaires ne doit léser personne, à commencer par nos partenaires. Cela est notre honneur. Mais je suis le serviteur de ce pays, son esclave. Ce fardeau divin, je l’accepte avec fierté et humilité. Dès lors, il est hors de question pour moi que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali.  L’or du Mali brillera aussi pour le Mali. L’or du Mali brillera surtout pour le Mali», a prévenu le président Bah N’Daw. 

Pour que cela soit possible demain et pour que les générations montantes puissent avoir la pleine jouissance de la richesse nationale, le président a déclaré que «c’est maintenant que doit commencer le travail de réflexion stratégique, de correction, de relecture et d’anticipation».

Pour certaines cadres avertis, il est extrêmement difficile aujourd’hui de briser la chaîne de la malédiction pour une meilleure gouvernance des ressources minérales au Mali,pour la simple qu’il y a deux types de contrat d’exploitation minière très fréquents : clauses de stabilisation, c’est-à-dire même en cas de révision du régime fiscal, aucune possibilité de modifier le contrat d’exploitation minière avant terme ; clauses d’intangibilité : aucune modification possible de la configuration administrative de la zone ne peut avoir des impacts sur les industries extractives, c’est-à-dire pas de révision applicable sur elles pendant la période du contrat d’exploitation. 

Dans une vision-perspective, il faudrait réviser le code minier, pour l’attribution de nouveaux contrats miniers, mais pour le moment, il est difficile de modifier les contrats déjà signés entre le Mali et les multinationales, et si l’État les résilie, il sera traîné devant les juridictions nationales et internationales.

Cependant, avant cette déclaration du président de la transition,  le projet de décret fixant les conditions et les modalités d’application de l’Ordonnance n°2019-022/P-RM du 27 septembre  2019, portant code minier de 2012, a été adopté lors du conseil des ministres du vendredi 23 octobre 2020. L’Ordonnance du 27 septembre 2019 apporte des solutions adéquates aux insuffisances relevées dans le code minier de 2012. 

Il s’agit notamment des conditions et modalités de classement d’une substance minérale, de la convention d’établissement ; des informations à fournir par un demandeur de titre minier  ou d’autorisation ; la quantité maximale à exporter par substance pour les analyses d’échantillon ; les modalités d’extension du permis de recherche ; la structure et le plan de fermeture et de réhabilitation des sites miniers.

Wassolo / Le Debat

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